Faut-il afficher ses tarifs sur le site de son cabinet ?


Ce qu’il faut retenir
- L’information sur les honoraires est une obligation, pas une option : elle doit être accessible avant la consultation.
- Le site n’est pas le seul support possible, mais c’est le plus consulté — l’y omettre est un choix visible.
- Une grille brute isolée fait fuir ; les mêmes montants replacés dans leur contexte rassurent.
- Un devis écrit reste obligatoire au-delà des seuils fixés pour certains actes.
Oui, l’information sur les honoraires doit être accessible au patient avant la consultation. La question n’est donc pas si vous affichez vos tarifs, mais où et comment.
L’obligation porte sur l’information, pas sur une grille
Le cadre français impose au professionnel de santé d’informer son patient sur les honoraires qu’il pratique et sur les conditions de prise en charge, avant l’exécution de l’acte. Cette information doit être claire, loyale et accessible.
Elle peut prendre plusieurs formes : affichage dans la salle d’attente, information orale documentée, devis écrit, page dédiée sur le site. Ce qui compte est que le patient puisse l’obtenir sans avoir à la demander comme une faveur.
Pour certains actes — en particulier en chirurgie dentaire et en prothèse — un devis écrit est obligatoire au-delà de seuils réglementaires, et il ne se remplace par aucun affichage.
Le site n’est pas obligatoire, mais son absence se remarque
Rien n’oblige formellement à publier une page tarifs. Mais votre site est aujourd’hui le premier endroit où le patient cherche l’information, avant même d’appeler.
Un cabinet qui n’en dit rien envoie deux messages possibles : soit l’information n’existe pas, soit elle est mauvaise. Aucun des deux ne sert le cabinet, et les deux se corrigent en une page.
Une grille brute est la pire des solutions
Une liste de montants sans contexte, sur une page isolée, produit exactement l’effet inverse de celui recherché : le patient compare des chiffres qu’il ne sait pas lire.
Ce qui fonctionne, dans l’ordre :
- Rattacher le montant à l’acte, décrit en une phrase compréhensible.
- Indiquer la base de remboursement et ce qui reste, en pratique, à la charge du patient.
- Dire ce qui fait varier le prix : durée, matériau, nombre de séances.
- Renvoyer au devis pour les actes qui en relèvent.
Ce qui reste interdit
L’information tarifaire ne peut pas devenir un argument commercial. Sont exclus :
- toute présentation comparative avec les honoraires d’un confrère ;
- les remises, offres promotionnelles, forfaits d’appel ou opérations limitées dans le temps ;
- toute formulation suggérant un meilleur rapport qualité-prix.
La frontière est simple : informer sur un prix est une obligation, en faire un avantage concurrentiel est une faute.
En pratique
Une page « Honoraires et prise en charge » de six à dix actes, mise à jour une fois par an, suffit dans la quasi-totalité des cas. Datez-la visiblement : une page tarifaire sans date est lue comme une page périmée.

L'auteur
Nous concevons les sites, l’identité et la visibilité locale de cabinets de santé en France. Un projet à la fois, du cadrage à la mise en ligne.


